[Zweig, Stefan] Le joueur d'échecs

Publié le par Naelline

http://www.livraddict.com/covers/0/795/couv6053094.jpgLe joueur d'échecs


Auteur : Stefan Zweig (Autriche)
Illustration de couverture :

Titre original : Schachnovelle (1943)
Traducteurs : Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent

Editeur : Librairie Générale Française (1999)
Collection : Le Livre de Poche (n°7309)

94 pages, 18 cm

Genre : Classique

ISBN : 2-253-05784-3
EAN : 9782253057840

Quatrième de couverture

Qui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu'antipathique ? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer. Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l'inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges. Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, " pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons ".

Mon avis

Voila une nouvelle qui m'a laissé une étrange sensation : celle de ne jamais être tout à fait rentrée dans l'histoire. J'ai pourtant lu avec intérêt, et je comprends tout à fait que ce petit livre dénonce des choses bien horrible. L'essentiel de l'histoire tient, je le suppose, dans le récit que fait l'inconnu. Ce récit de son enfermement et des interrogatoires qu'il a subit.

Mais voila. Les deux semaines d'enfermement avant de perdre la raison m'on peu convaincue. Il parle de n'avoir jamais entendu une voix, mais parle aussi des interrogatoires qu'il subissait...

Voir ma grand-mère retenir ses larmes quand elle parle de son frère qui est mort pendant un interrogatoire nazi (ou avant ou après, en tous cas à Bruxelles, dans un de leurs bâtiments, et quelques jours après avoir été pris, et sans avoir été conduit dans un camp) me rend sensible à ce genre de récit. Je sais que tout cela est vrai.

Sans doute est-ce juste que je n'arrive pas à imaginer qu'on puisse perdre autant "la tête" en deux semaines. Et ce, sans doute parce que les interrogatoires et les humiliations sont très peu décrits. Je peux tout à fait concevoir que la torture mentale est efficace, qu'on peu en devenir fou... mais là, je ne sais pas, il manquait quelque chose. C'est le genre de choses qui s'est réellement produite, je le sais. Je sais aussi que raconter, c'est difficile. Je ne nie pas ce qui est arrivé, l'horreur de la chose, et les dégâts que ça peut faire.

Le récit m'a juste parru ... je ne sais même pas comment dire. Raconter trop extérieurement ? Avec trop peu de détails ? Mais là encore, je sais que c'est moi, et pas l'auteur qui fait que je n'ai pas pu entrer dans le récit. Je comprends tout à fait à quel point raconter ce genre de choses doit être dur. La torture est là, présente sans aucun doute, mais reléguée au second plan pour concentrer tout le récit sur les échecs. Et du coup, là sans être vraiment là.

Peut-être ai-je eu le même genre de réaction que quand je vois qu'un film ou un documentaire va raconter cette réalité : je zappe, je refuse de regarder. Les histoires de ma grand-mère me suffisent pour cette horreur. Je sais, elle me raconte. Et ça me touche suffisamment que pour avoir besoin de regarder ça en face ailleurs qu'en face d'elle.

Voila (encore...). J'ai bien plus apprécié les débuts du jeune joueur dans sa petite ville et le comportement de Czentovic pendant la partie d'échecs, cette certitude d'être le meilleur qui se brise d'un coup.

Le livre est certainement bon. J'ai apprécie une grande partie du récit, et le style d'écriture. C'est moi, sans aucun doute, qui suis passée (involontairement ? comme un système de défense sur lequel je n'aurais pas vraiment de prise ?) à coté de certaines choses. En tous cas, ce livre à eu le mérite de me faire réfléchir à pas mal de choses sur cette époque, les gens qui l'ont vécue, sur moi-même et mes réactions face à cette partie de notre histoire.

Une chose est certaine, je n'attendrai pas trop longtemps avant de lire un autre livre de Stefan Zweig.

Ils l'ont lu aussi : Cynthia, Lilly, Piplo, CapOCapesDoc, Liyah,

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Maud 30/01/2013 18:50


Cette nouvelle m'a aussi encouragé à lire l'oeuvre intégrale de Zweig, et je ne le regrette pas! J'ai fait une chronique de la Pitié dangereuse sur mon blog, si ça peut vous intéresser! A
bientôt 

Naelline 30/01/2013 21:43



Je viens d'aller lire et de fait, ça me donne envie de lire ce titre, même si c'est apparemment son seul roman ce qui fait que je lirai sans doute d'autres nouvelles de Stefan Zweig avant de lire
La pitié dangereuse.